Faits Divers

Coronavirus : Le confinement vous rend alcoolique ?

Le confinement a tendance à augmenter la consommation d’alcool des personnes qui ont déjà cette habitude.

A l’heure où les whatsapéro, skypéros ou apéro-Facetime (comprendre apéritifs en visioconférence) remplacent les regroupements dans les bars, désormais interdits, une question se pose : va-t-on tous tomber dans l’alcool à cause du confinement ? Alors que de plus en plus de messages s’amusent de la consommation un peu problématique des confinés depuis le début de la crise du coronavirus, faut-il s’inquiéter du foie de nos concitoyens ? D’autant que la période d’isolement de la population pour éviter la propagation du virus n’est pas près de prendre fin : le gouvernement, après avoir donné un tour de vis aux mesures de confinement, a demandé l’avis de son conseil scientifique sur la suite à donner à cette mesure drastique.

Tromper l’ennui ou l’anxiété

La mode des apéros quotidiens par visioconférence depuis une semaine n’arrange rien. « D’ordinaire, je bois rarement en semaine, mais j’ai besoin de ce sas de décompression en ce moment. Ces deux verres servent de prétexte pour nos skypéros quotidiens avec mes amies ! », souligne Laure.

Si la période de confinement a plutôt tendance à diminuer les opportunités pour les jeunes ou les consommateurs occasionnels, la situation des autres pourrait devenir inquiétante. Pour rappel : une consommation sans risque doit se limiter à dix verres par semaine, et pas plus de deux verres par jour (et pas tous les jours). Marion en est loin : « Apéro le midi, apéro le soir. On se fait plaisir, tous les jours… On se demande quand même si on ne va pas ralentir, car si ça doit durer, l’arrêt sera difficile… ».

L’alcool a la fonction de tromper l’ennui. « Je tourne actuellement à trois ou quatre bières cannettes dans la journée et un petit verre de vin de temps en temps. Je finis ensuite le soir avec du whisky. Cela permet de passer les journées bien plus rapidement, de ne pas trop voir les heures passés », confirme Cédric. Certaines personnes ne prennent pas plaisir à passer ce temps à lire. Et le confinement peut créer de l’angoisse. « L’alcool est parfois consommé pour gérer l’anxiété, explique François Beck, chercheur au Centre d’épidémiologie et de santé des populations (CESP-Inserm). Il y a l’anxiété liée au virus et l’anxiété, plus concrète, de se dire : “combien de temps on va devoir tenir comme ça” ».

Les risques de crises aiguës

Un ou deux mois d’ébriété ne veut pas forcément dire que tout le monde deviendra alcoolique. Tous les cas de figure existent dans l’addiction : ceux qui s’en sortent, et ceux qui plongent. Seule la fin de la crise pourra le dire. « On prend souvent l’exemple des soldats américains au Vietnam qui ont découvert l’opium, reprend le chercheur. Ils en ont consommé pour supporter la guerre et quand ils sont revenus, nombre d’entre eux ont spontanément arrêté alors que c’est un produit très addictogène ».

Cela dépend de la résilience de chacun, de la manière dont on est entourés. « La majorité des gens vont probablement retrouver des habitudes normales », assure François Beck avant de préciser. « Les motifs d’inquiétude concernent aussi le risque de crises aiguës : une alcoolisation qui mènerait à des violences conjugales ou de la violence envers les enfants ». Car le confinement est une situation inédite qui comporte des risques à part entière.

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